Le statut du Tibet, son histoire
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Conclusion
Le
Tibet, à la veille de l'invasion chinoise en 1949,
était un pays tout à fait indépendant.
Il avait derrière lui 2.000 ans d'histoire connue au
cours de laquelle il ne s'est trouvé sous influence
étrangère que pendant de courtes périodes,
au XIIIe et au XVIIIe siècles. Très peu d'Etats
aujourd'hui indépendants pourraient en dire autant.En
fait, comme l'a fait remarquer lors des débats de l'Assemblée
générale sur le Tibet (1961) le ministre irlandais
Frank Aiken (qui fut ambassadeur d'Irlande auprès des
Nations Unies avant de devenir ministre des Affaires étrangères):
"...pendant des milliers d'années, et pendant
au moins deux mille ans, (le Tibet) a été aussi
indépendant et aussi ma"tre de ses propres affaires
que n'importe lequel des pays présents, et infiniment
plus libre de gérer ses affaires que beaucoup des Etats
représentés ici.".
Lors des débats
aux Nations Unies (en 1959, 1960, 1961 et 1965), beaucoup
de pays ont de même fait des déclarations exprimant
leur reconnaissance de l'indépendance du Tibet. Ainsi
par exemple, le délégué des Philippines
a déclaré: "Il est clair qu'à la
veille de l'invasion de 1950, le Tibet n'était pas
assujetti à un pays étranger...". Le délégué
de la Thaïlande a rappelé que la majorité
des Etats ìrejettent la prétention que le Tibet fait
partie de la Chine". Les Etats-Unis se sont joints à
la plupart des autres membres de l'ONU pour condamner ìl'agression"
et ìl'invasion" du Tibet. En 1959, en 1960 et à
nouveau en 1961, l'Assemblée générale
a voté des résolutions (1353 (XIV), 1723 (XVI)
et 2079 (XX)) condamnant les violations des droits de l'homme
commises par les Chinois au Tibet et appelant ce pays à
respecter les droits de l'homme et les libertés fondamentales
du peuple tibétain, notamment, son droit à l'autodétermination.
D'un point de vue
juridique, le Tibet n'a jamais perdu sa qualité d'Etat.
Le Tibet est un Etat indépendant qui est occupé
illégalement. Ni l'invasion armée par la Chine
ni l'occupation persistante du Tibet par l'ALP n'ont eu pour
effet de transférer le titre de souveraineté
du Tibet à la Chine. Ainsi qu'on l'a dit, la gouvernement
chinois n'a jamais prétendu avoir acquis un titre de
souveraineté sur le Tibet par voie de conquête.
Au contraire, la Chine reconnaît que (sauf circonstances
exceptionnelles précisées par la Charte des
Nations Unies) l'usage de la force, la menace armée,
l'imposition d'un traité inéquitable et l'occupation
illégale d'un pays ne sauraient d'aucune manière
conférer un quelconque droit territorial à l'envahisseur.
La Chine fonde sa revendication territoriale exclusivement
sur le prétendu assujettissement du Tibet par quelques-uns
des plus puissants maîtres étrangers de la Chine
aux XIIIe et XVIIIe siècles. Jamais une telle argumentation,
uniquement fondée sur la réinterprétation
fallacieuse de revendications impérialistes ou colonialistes
du passé, ne serait recevable auprès d'un tribunal.
Extrait de la prise de position de M. Michael
Van Walt Van Praag, professeur de droit international et Secrétaire
général de l'UNPO, à l'audition sur le
Tibet organisé à la Commission des Affaires
étrangères du Parlement allemand - Bonn, le
19 juin 1995.
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