en brefhistoire • peuple • culture • géographie • spiritualité • occupation chinoise • droits humains • dalaï lama • en exil • en belgique

Le statut du Tibet, son histoire • Sommaire - page 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10

Le Tibet au XXe siècle

Le statut qu'avait le Tibet après l'expulsion de l'armée mandchoue n'est pas réellement contesté. Les liens entre les Dalaï Lamas et les empereurs mandchous de la dynastie Qing ont été rompus par la déposition de l'empereur et la disparition de la dynastie. Entre 1911 et 1950, le Tibet a su se garder de toute influence étrangère indue, et il s'est comporté à tous égards comme un Etat pleinement indépendant.

A la veille de l'invasion chinoise, qui a débuté en 1949, le Tibet possédait tous les attributs d'un Etat indépendant au sens du droit international, à savoir, un territoire, un peuple occupant ce territoire, et un gouvernement capable d'établir des relations avec d'autres Etats. Le Tibet avait son propre chef d'Etat, son propre système de gouvernement, son propre système judiciaire, ses propres impôts, sa propre monnaie, son propre service postal (et ses timbres), son propre ministère des Affaires étrangères et sa propre armée.

Le Tibet entretenait des relations diplomatiques avec le Népal, avec le Bhoutan et, de façon très restreinte, avec la Mongolie et la Russie. Il a entretenu des relations diplomatiques très complètes avec la Grande-Bretagne et ensuite avec l'Inde indépendante. Ses relations avec la Chine sont restées tendues. Les Chinois menaient une guerre des frontières contre le Tibet, et le président de la République chinoise a enjoint à plusieurs reprises le Tibet (et le Népal) à "se joindre à" la République chinoise, confirmant par là que le Tibet ne faisait pas du tout partie de la Chine. Cela n'a pas empêché la Chine de faire croire en même temps au reste du monde que le Tibet était déjà une des "cinq races" de la Chine.

Dans le but de dissiper les tensions sino-tibétaines, le gouvernement britannique a, sur initiative du Dalaï Lama, convoqué une conférence tripartite à Simla en 1913, à l'occasion de laquelle les trois Etats se sont rencontrés en égaux. Ainsi que le représentant britannique l'a rappelé à son homologue chinois, le Tibet participait à la conférence comme "Etat indépendant ne reconnaissant aucune allégeance vis-à-vis de la Chine".La conférence fut un échec dans la mesure où elle n'a pas résolu le différend entre la Chine et le Tibet. Fait significatif, toutefois, l'amitié anglo-tibétaine a été confirmée par la signature de traités bilatéraux relatifs aux échanges commerciaux et à la sûreté des frontières.

Dans une Déclaration commune, le Tibet et la Grande-Bretagne s'engagent à ne reconnaître aucun droit de suzeraineté ni aucun autre droit à la Chine sur le Tibet si la Chine refusait de signer la Convention de Simla, qui devait garantir les frontières extérieures du Tibet, son intégrité territoriale et son autonomie pleine et entière.La Chine n'a jamais signé la Convention, de sorte que les termes de la "Déclaration commune" anglo-tibétaine sont toujours en vigueur. La Conférence de Simla implique la reconnaissance, tant par la Grande-Bretagne que par la Chine, du Tibet comme Etat souverain et de sa capacité de négocier et signer des traités en toute indépendance et à l'égal d'autres Etats souverains.

Le Tibet a conduit ses relations internationales principalement en traitant avec les missions diplomatiques britannique, chinoise, népalaise et bhoutanaise à Lhassa, mais il a aussi envoyé des délégations à l'étranger. Après l'accession de l'Inde à l'indépendance, une mission indienne a pris la place de la mission britannique à Lhassa. Le gouvernement indien a envoyé la communication suivante au gouvernement du Tibet:

"Le gouvernement de l'Inde serait heureux de recevoir l'assurance que le gouvernement tibétain a bien l'intention de poursuivre les relations sur les bases existantes jusqu'à ce que de nouveaux accords aient pu être pris concernant les affaires que chaque partie souhaite traiter. Telle est la procédure adoptée par tous les pays signataire des traités avec le gouvernement de Sa Majesté britannique dont l'Inde a hérité."

Pendant la deuxième guerre mondiale, le Tibet est resté neutre, et ceci, en dépit des fortes pressions de la part des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Chine qui souhaitaient faire passer des transports militaires par son territoire. Si le Tibet avait réellement fait partie de la Chine, comme la RPC le prétend, il lui eût été impossible de proclamer sa neutralité dans une guerre à laquelle la Chine prenait part, et cette neutralité n'aurait du reste pas été respectée par les puissances ennemies.

Si le Tibet n'a pas eu de relations internationales étendues, les pays avec lesquels il avait de telles relations, ont toujours traité le Tibet à l'égal de n'importe quel Etat souverain. C'est ainsi que le Népal, lorsqu'il a sollicité son admission aux Nations Unies, a invoqué ses traités et relations diplomatiques avec le Tibet comme preuve de ce qu'il possédait bien la personnalité juridique internationale. Même le dernier chef de mission chinois à Lhassa, Shen Zonglian, invité par le gouvernement tibétain à quitter le Tibet lorsque les communistes prirent le pouvoir en Chine et que Mao Tsedong annonça son intention de "libérer" le Tibet, a reconnu que "depuis 1911, Lhassa (c. à d., le Tibet)" avait été "pleinement indépendante à tous égards".

Extrait de la prise de position de M. Michael Van Walt Van Praag, professeur de droit international et Secrétaire général de l'UNPO, à l'audition sur le Tibet organisé à la Commission des Affaires étrangères du Parlement allemand - Bonn, le 19 juin 1995.

Le statut du Tibet, son histoire • Sommaire - page 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10

 
en brefhistoire • peuple • culture • géographie • spiritualité • occupation chinoise • droits humains • dalaï lama • en exil • en belgique
Dernière mise à jour: 22.11.2004© 2004 Les Amis du Tibet