en brefhistoire • peuple • culture • géographie • spiritualité • occupation chinoise • droits humains • dalaï lama • en exil • en belgique
L'affaire du Panchen Lama:
une ingérence politique de la Chine dans une
procédure religieuse traditionnelle

Sommaire

Préface
1. Contacts avec Pékin au sujet de la recherche de la réincarnation du Panchen Lama 
2. La procédure de reconnaissance du Panchen Lama réincarné 
3. Historique de la reconnaissance des Panchen Lamas 
4. La position équivoque de la Chine 
5. Chadrel Rinpoché

Préface

L'un des mots d'ordre les plus vantés dans les déclarations de la Chine concernant son rËgne bienveillant sur le Tibet est la prétendue liberté religieuse. Or les événements précédant et suivant la reconnaissance du nouveau Panchen Lama par Sa Sainteté le DalaÔ Lama, le 14 mai 1995, ont révélé plus que jamais la fausseté de cette prétention affichée par la Chine.

Les documents suivants expliquent en détail la maniËre dont a été menée la recherche du XIe Panchen Lama et révËlent, dans le contexte de l'histoire religieuse, la relation symbiotique entre les DalaÔ Lamas et les Panchen Lamas pendant quatre siËcles.

C'est par une fiction politique que la Chine prétend avoir autorité sur de précédentes découvertes de réincarnations. Afin de justifier leur manipulation politique d'une procédure purement religieuse, les autorités chinoises ont réécrit et déformé l'histoire religieuse du Tibet.

1. Contacts avec Pékin concernant la recherche de la réincarnation du Panchen Lama 

Le 28 janvier 1989, le Xe Panchen Lama meurt au Tibet, âgé de 50 ans. AussitÙt, Sa Sainteté le DalaÔ Lama propose d'envoyer une délégation de dix religieux tibétains au monastËre de Tashilhunpo ý Shigatse et dans d'autres régions du Tibet comme Lhassa, Kumbum et Labrang Tashikyil, afin d'offrir des priËres et de mener la cérémonie du Kalachakra pour feu le Panchen Lama. Les autorités chinoises rejettent cette proposition.

Le 21 mars 1991, l'ambassade de Chine ý New Delhi informe son gouvernement que Sa Sainteté le DalaÔ Lama souhaite apporter son aide ý la recherche de l'authentique réincarnation du Panchen Lama. Pour faciliter sa t’che, Sa Sainteté exprime le souhait d'envoyer une délégation de hauts lamas et abbés ý Lhamo Lhatso, le lac sacré prËs de Lhassa, afin de prier et d'observer dans le lac des visions prophétiques qui pourraient guider la délégation ý trouver la vraie réincarnation. Trois mois plus tard, le gouvernement chinois répond qu'il n'y avait aucun besoin "d'ingérence étrangËre" dans cette question.

Chadrel Rinpoche, abbé de Tashilhunpo, a été nommé par les autorités chinoises président de la commission de recherche de la réincarnation du Panchen Lama. Il poursuit sa quÍte pendant trois ans. Il se rend deux fois au lac sacré de Chokhor Gyal Lhatso (Lhamo Lhatso) et une fois au Rinpung Chamsring Tso (Yongtsa Loutso) pour observer les signes, et il se livre aussi ý d'autres recherches religieuses. Les signes révËlent que la XIe réincarnation a déjý eu lieu, ý l'est de Tashilumpo, Chadrel Rinpoche en avise le DalaÔ Lama dans une missive du 17 juillet 1993, transmise par la voie officielle via Pékin.

Le 5 aošt 1993, une réponse est envoyée ý Chadrel Rinpoche via l'ambassade chinoise ý New Delhi, invitant une délégation du monastËre de Tashilhunpo, dirigée par le Rinpoche, ý se rendre en Inde pour discuter de la recherche du Panchen Lama. Cette invitation n'a pas reÁu de réponse.

Le 17 et 18 octobre 1994, au cours d'une rencontre avec une personnalité chinoise proche du gouvernement de la RPC, Sa Sainteté le DalaÔ Lama avise le gouvernement chinois qu'elle attend toujours une réponse ý la lettre adressée ý Chadrel Rinpoche en aošt 1993. Au cours de cette rencontre, Sa Sainteté réitËre l'importance de procéder ý la recherche de la réincarnation du Panchen Lama en respectant strictement les procédures religieuses traditionnelles.

En janvier 1995, cette mÍme personnalité chinoise se voit rappeler ý deux reprises les discussions concernant la réincarnation et est priée de presser les autorités chinoises de donner rapidement une réponse. En juin 95 il n'y avait toujours pas de réponse.

Mais entretemps, la procédure de reconnaissance et de proclamation officielle s'achËvent (voir point 2), et le 14 mai, le DalaÔ Lama reconnaÓt enfin officiellement l'enfant Gedhun Choekyi Nyima comme étant le XIe Panchen Lama.

2. La procédure de reconnaissance du Panchen Lama réincarné

AprËs le décËs du Panchen Lama en janvier 1989, une trentaine de noms de candidats potentiels ý la réincarnation ont été reÁus au fil des années, provenant de l'intérieur et de l'extérieur du Tibet. Les noms viennent des localités suivantes : au Tibet : Lhassa, Damzhung, Danang (Lhoka), Lhari (Nagchou), Gyalthang, Toe Gegye, Chamdo, Lhamo, Duejung, Tsa (Malho), Amdo, Gyazong (Lhoka), Tsethang (Lhoka), Lithang et Getse (Ngari). En Inde : Dharamsala et le Ladakh.

En 1991, le troisiËme jour du septiËme mois de l'année tibétaine du mouton de fer, un rite divinatoire est pratiqué pour savoir si tel enfant du Tibet, pressenti comme étant la réincarnation du Panchen Lama, l'est authentiquement ou non. La divination est négative.

En 1993, le troisiËme jour de l'année du buffle d'eau, une divination est pratiquée pour savoir s'il convient d'entamer et de finaliser le processus de reconnaissance. La divination indique que le moment n'est pas propice.

Chadrel Rinpoche, président du comité de recherche de la réincarnation fait parvenir par la voie officielle de Pékin une missive datée du 17 juillet 1993. Il fait part de deux visites menées aux lacs sacrés tibétains de Chokhor Gyal (Lhamo Lhatso) et de Rinpung Chamsring (Yongtsa Loutso) pour consulter des signes relatifs ý la réincarnation. Il indique également que d'autres investigations religieuses ont été menées, confirmant que le Panchen Lama s'est déjý réincarné et que les recherches seront conduites dans la direction de l'est par rapport ý Tashilhunpo, parmi les enfants nés en l'année du serpent, du cheval et du mouton.

En 1994, le troisiËme jour de l'année du chien de bois, une divination est pratiquée pour savoir si le moment était venu de finaliser la procédure de reconnaissance. La divination indique que ce n'est pas le bon moment.

En 1994, le dixiËme jour du premier mois de l'année lunaire tibétaine, l'oracle de Nechung proclame que si tous les Tibétains restent fermement unis et solidaires, une réincarnation indubitable ne va pas tarder ý Ítre trouvée au Tibet. Cette prophétie est confirmée le mÍme jour par l'oracle de Tsangpa.

Une fois encore, le 30 mars 1994, l'oracle de Tsangpa consulté ý la demande du monastËre de Tashilhunpo, proclame que la réincarnation est née au Tibet et qu'il n'y a pas de souci ý se faire puisque Sa Sainteté étudie la question.

Le 3 décembre 1994, une divination pratiquée pour savoir s'il est temps de finaliser le processus de reconnaissance révËle que le moment est enfin venu.

En janvier 1995 au cours de l'initiation du Kalachakra qu'il donne ý Mindgod en Inde, le DalaÔ Lama entame le processus de reconnaissance. Une divination a révélé que parmi les candidats, Gendun Choekyi Nyima, dont le pËre est Kunchog Phuntsog et la mËre, Dechen Chodon de Lhari dans la préfecture de Ngari, au Tibet, est un "candidat extrÍmement bon" pour la réincarnation du Panchen Lama.

Le 23 janvier 1995 ý Dharamsala, aprËs des offrandes devant des objets de culte tels que le Kyirong Jowo (une image particuliËre du Bouddha rapportée du Tibet), la thangka de Palden Lhamo (une déité protectrice du Tibet), etc., des priËres spéciales sont récitées, invoquant les noms des précédents Panchen Lama. Ensuite une divination est menée pour savoir si Gendun Choekyi Nyima est bien l'authentique réincarnation du Panchen Lama. Le rite divinatoire le confirme.

Afin de confirmer ce résultat, une seconde divination est pratiquée, corroborant le résultat précédent. Aussi ne subsiste-t-il plus aucun doute sur le fait que l'enfant, Gendun Choekyi Nyima, est bien la vraie réincarnation, et la reconnaissance est donc finalisée.

En 1995 ý nouveau, le treiziËme jour du troisiËme mois tibétain, l'oracle de Nechung proclame qu'il n'y a rien de plus ý faire ni ý dire, puisque le DalaÔ Lama a déjý étudié la question ý travers l'esprit des trois secrets.

Le 13 mai 1995, une derniËre divination est pratiquée pour déterminer s'il convient de proclamer la reconnaissance de la réincarnation du Panchen Lama le quinziËme jour du troisiËme mois de l'année lunaire tibétaine (qui correspond au 14 mai 1995), ou de la remettre ý plus tard. La divination indique qu'il vaut mieux la proclamer le jour proposé. L'enfant nommé Gendun Choekyi Nyima est né le 25 avril 1989, le 19e jour du troisiËme mois de l'année du serpent de terre. DËs qu'il a été capable de parler, il a dit : "Je suis le Panchen, mon monastËre est Tashilhunpo. Je suis assis sur un trÙne élevé. Mes monastËres sont dans le Tsang, ý Lhassa et en Chine". Intelligent et brillant, il a l'esprit vif. Son maintien est posé et sérieux et son parler, franc et direct.

 3. Historique de la reconnaissance des Panchen Lamas 

La réaction chinoise officielle ý l'annonce de la réincarnation du Panchen Lama par Sa Sainteté le DalaÔ Lama arrive sous la forme d'une dépÍche de l'agence Xinhua le 17 mai 1995. Elle contient une déclaration du porte-parole du Bureau des affaires religieuses de la RPC, présentant un certain nombre d'allégations sans fondement sur le statut des DalaÔ Lamas et des Panchen Lamas. Voici les clarifications nécessaires pour rectifier ces déclarations.

Selon la déclaration chinoise, "les titres de DalaÔ Lama et de Panchen Erdini de l'Ecole bouddhiste tibétaine Gelougpa ont été conférés par le gouvernement central de la dynastie Qing". Or les sources historiques montrent clairement que le titre de DalaÔ Lama a été offert par le pince mongol Altan Khan ý Sonam Gyatso en 1578. Ce dernier est connu sous le titre de TroisiËme DalaÔ Lama, ses deux incarnations précédentes reconnues ayant été désignées rétrospectivement comme Premier et DeuxiËme DalaÔ Lama.

De mÍme, l'attribution du titre de Panchen ý la dynastie Qing est inexacte. Le titre de Panchen a été attribuée aux abbés de Tashilhunpo de la maniËre suivante. Gendun Droup, qui fut reconnu rétrospectivement comme le Premier DalaÔ Lama, a fondé le monastËre de Tashilhunpo en 1447. C'était un érudit religieux de trËs grande stature. Lorsqu'il rencontra le Panchen Choglay Namgyal, un autre érudit de l'époque, Gendun Droup répondit ý toutes les questions de spiritualité que lui posait le grand maÓtre. Profondément impressionné, le Panchen Choglay Namgyal lui conféra le titre de "Omniscient". Par conséquent, Gendun Drup en vint ý Ítre connu sous les titres de "Omniscient" et de "Panchen", mot composé des deux premiËres syllabes de Pandit, érudit en sanskrit et Chen-po, qui signifie "grand" en tibétain.

Gendun Droup fut le premier abbé de Tashilhunpo et treize abbés lui ont succédé jusqu'ý l'installation de Lobsang Choekyi Nyima. Tous ont été nommés par le monastËre de Tashilhunpo sur base de leur érudition et tous ont bénéficié du titre de "Panchen". Cependant le XVe abbé, Lobsang Choekyi Gyaltsen, a assumé une position particuliËre lorsque le Ve DalaÔ Lama lui donna le monastËre de Tashilhunpo. Depuis lors, ses réincarnations ont été reconnues comme Panchen Lama. Les trois réincarnations reconnues ayant précédé Lobsang Choekyi Gyaltsen mais n'appartenant pas au monastËre de Tashilhunpo ont néanmoins reÁu le titre posthume de Panchen Lama. C'est pourquoi Lobsang Choekyi Gyaltsen est comptabilisé comme le IVe Panchen Lama. Voilý l'une des raisons pour lesquelles l'affirmation chinoise que la dynastie Qing aurait conféré les titres de DalaÔ et de Panchen est historiquement intenable.

En 1731 l'empereur mandchou K'ang-hsi offrit le titre d'Erdini au VËme Panchen Lama, Lobsang Yeshi. C'est un terme mongol signifiant "précieux joyau", un titre honorifique partagé par beaucoup de lamas mongols.

Les empereurs Qing, mandchous, révéraient le DalaÔ Lama comme leur refuge et lui offraient tout leur soutien dans d'esprit de la relation chapelain-protecteur (cheu-yeun) existant entre eux. En 1792, en réponse ý la requÍte du gouvernement tibétain, l'empereur mandchou envoya des forces importantes pour aider l'armée tibétaine ý chasser l'envahisseur gurkha. La mÍme année fut institué le nouveau systËme de sélection des réincarnations de hauts lamas par tirage au sort. C'est un événement en Mongolie, sur qui le Tibet avait traditionnellement autorité spirituelle, qui entraÓna l'introduction de ce systËme. A la mort du lama mongol Erdini Pandita Khutuktu, une dispute naquit quant ý la sélection de sa réincarnation. C'est afin d'éviter de telles complications dans le futur, que l'on introduisit un systËme de tirage au sort.

Il n'y a pas de preuves historiques suggérant que ce systËme de tirage au sort a été établi dans le but exprËs de sélectionner les réincarnations du DalaÔ Lama et du Panchen Lama. En outre, les Mandchous (la dynastie Qing au pouvoir en Chine) étaient un peuple bouddhiste d'Asie centrale, un pouvoir étranger occupant la Chine. Les Chinois eux-mÍmes reconnaissent les Mandchous comme une force d'occupation étrangËre. En 1911, lorsque la révolution nationaliste a renversé la dynastie Qing des Mandchous, Sun Yat-sen a dit que la Chine a été occupée deux fois par des forces étrangËres : la premiËre fois par les Yuan et la seconde, par les Qing. Logiquement, les Tibétains n'acceptent donc pas les prétentions chinoises actuelles héritées de la relation chapelain-protecteur entre le Tibet et les Mandchous.

Comme le gouvernement du Kuomintang en son temps, les Chinois déclarent ý présent qu'ils ont joué un rÙle décisif dans la sélection et l'installation du XIVe DalaÔ Lama. En réalité, ce dernier a été sélectionné conformément aux croyances et traditions anciennes du Tibet, et l'approbation du gouvernement chinois n'a jamais été nécessaire ni demandée. L'assemblée nationale tibétaine a confirmé le XIVe DalaÔ Lama en 1939.

Lors de l'intronisation, le 22 février 1940, Wu Zhongxin, l'émissaire chinois n'a joué aucun rÙle particulier, pas plus que les représentants du Bhoutan, du Sikkim, du Népal et de l'Inde. Sir Basil Gould, l'officier politique britannique représentant l'Inde britannique ý la cérémonie, a expliqué que la version chinoise officielle des événements était une fiction préparée et diffusée avant mÍme que l'événement ait eu lieu.

Le 31 juillet 1989, Ngapo Ngawang Jigme, vice-président du comité permanent du congrËs du peuple chinois déclarait : "L'an dernier, lors d'une réunion ý l'Institut de tibétologie, j'ai évoqué cela et mes observations concernant des documents du Kuomintang. J'ai dit que nous, le parti communiste, n'avions pas besoin de raconter des mensonges basés sur des mensonges du Kuomintang. Alors le camarade Chang Feng du ministËre du front uni, a dit : ý l'avenir nous ne dirons plus que Wu Zhongxin a officié ý l'intronisation du XIVe DalaÔ Lama".

La déclaration chinoise prétend ensuite que le DalaÔ Lama a dérogé "ý la convention historique établie, sapant les rites religieux". Elle conclut que l'annonce de la réincarnation du Panchen Lama est "illégale et nulle". Ce sont lý des allégations motivées politiquement et sans aucun fondement historique réel.

Si cette allégation signifie que le systËme de tirage au sort n'a pas été appliqué dans la reconnaissance de l'actuel Panchen Lama, il faut souligner que ce systËme n'a été utilisé que pour la reconnaissance de trois des quatorze DalaÔ Lamas et de deux des dix Panchen Lamas. Depuis 1792, date o˜ le systËme fut introduit sous le rËgne du VIIIe DalaÔ Lama, il y a eu six DalaÔ Lamas successifs et seulement trois tirages au sort. De mÍme, ce systËme n'a pas été utilisé pour confirmer la reconnaissance du dixiËme Panchen Lama.

La relation entre le DalaÔ Lama et le Panchen Lama remonte ý l'époque du Ve DalaÔ Lama et de son contemporain, le Panchen Lobsang Choekyi Gyaltsen, qui est considéré comme le IVe Panchen Lama. Panchen Lobsang Choegyal avait reconnu le Ve DalaÔ Lama. En retour, le Ve DalaÔ Lama a reconnu le Panchen Lobsang Yeshi comme le VËme Panchen Lama. Le VIIe DalaÔ Lama reconnut le VIe Panchen Lama, qui a son tour reconnut le VIIIe DalaÔ Lama. Le VIIIe DalaÔ Lama reconnut le VIIe Panchen Lama. C'est la convention historiquement établie. La reconnaissance de la réincarnation du Xe Panchen Lama par Sa Sainteté le DalaÔ Lama est donc parfaitement en accord avec cette convention.

4. La position équivoque de la Chine

Depuis le décËs du Panchen Lama en 1989, Sa Sainteté le DalaÔ Lama a entrepris de nombreuses approches du gouvernement chinois. Mais les autorités chinoises ont rejeté toutes les demandes de Sa Sainteté d'envoyer des délégations religieuses au Tibet pour aider et participer ý la recherche de la réincarnation. Le DalaÔ Lama ne souhaitait pas politiser l'affaire de la réincarnation. L'enfant reconnu était né et vivait au Tibet. En annonÁant le nom de l'enfant, Sa Sainteté en appelait au gouvernement chinois pour qu'il élargisse sa compréhension, sa coopération et son assistance "afin de permettre ý Rinpoche de recevoir l'éducation religieuse lui convenant et d'assumer ses responsabilités spirituelles". Sa Sainteté a fait le maximum pour se montrer coopératif dans le but d'éviter toute confrontation sur la question.

Si le respect de la tradition bouddhique et de ses coutumes constituent le critËre de légalité et de validité pour la recherche et la reconnaissance de la réincarnation du Panchen Lama, alors il n'existe aucun motif de s'opposer ý la décision du DalaÔ Lama.

L'action de Sa Sainteté allait-elle "rencontrer une forte opposition dans les milieux bouddhistes tibétains" ou un grand respect, cela n'apparaÓtrait clairement que si le peuple du Tibet pouvait acquérir la liberté d'exprimer ses sentiments véritables. Nous ne répondrons pas ý certaines déclarations que des Tibétains du Tibet sont forcés de faire par leurs maÓtres chinois. Nous sommes bien conscients des difficultés qu'ils connaissent. Le mépris de la Chine pour les sentiments religieux du peuple tibétain, tel qu'il ressort de leur attitude autoritaire vis ý vis de la reconnaissance du Panchen Lama, manifeste la vraie nature de leur dictature au Tibet. La réalité d'aujourd'hui c'est que le Tibet est un pays occupé par une puissance coloniale.

Au cours des derniËres années, Sa Sainteté le DalaÔ Lama a fait un maximum d'efforts en vue d'arriver ý une solution acceptable pour les deux parties concernées par le problËme du Tibet, dans un esprit de réconciliation et de compromis. Cette approche qui est celle de la voie du milieu vise avant tout ý garantir au Tibet une véritable autodétermination. Tout en prenant en considération les intérÍts du peuple chinois, le DalaÔ Lama s'est gardé d'insister pour inscrire l'indépendance du Tibet et sa séparation d'avec la Chine ý l'ordre du jour des négociations proposées.

Il est ý regretter que le Chine a rejeté chacune des initiatives de Sa Sainteté en vue d'un rËglement pacifique et négocié de la question tibétaine. Récemment le gouvernement chinois déclarait que "la lutte entre nous et la clique du DalaÔ ne concerne pas la question de la liberté religieuse et de l'autonomie. C'est un combat entre notre cÙté et celui de l'ennemi". Ce ne sont donc manifestement pas les Tibétains qui refusent obstinément de rechercher et d'adopter une solution pacifique au problËme du Tibet.

La Chine a réagi ý l'annonce du Panchen Lama par de nouvelles répressions et de nombreuses arrestations.

5. Chadrel Rinpoche

Chadrel Rinpoche, chef de le commission officielle chinoise responsable de la recherche de la réincarnation du dernier Panchen Lama, a été arrÍté ý Chengdou le 18 mai 1995 alors qu'il rentrait de Pékin ý Shigatse, quatre jours aprËs l'annonce de la découverte de la Xe réincarnation du Panchen Lama, le 14 mai ý Dharamsala.

Chadrel Rinpoche, qui était aussi l'abbé en exercice du monastËre de Tashilhunpo ý Shigatse, le siËge du Panchen Lama, a été emmené ý Pékin et mis au secret. Les autorités chinoises ont mis de nombreux mois a admettre l'arrestation de Chadrel Rinpoche. Il a été inculpé de collaboration avec le DalaÔ Lama au cours de la procédure de recherche. Il a été libéré en janvier 2002.

Nous en appelons ý tous les gouvernements, ONG et individus concernés par les droits de l'homme pour demander la libération immédiate de Rinpoche.

Traduction adaptée de l'anglais par l'asbl Les Amis du Tibet - Belgique


Gedhun Choekyi Nyima,
XIe Panchen Lama


Gyaltsen Norbu,
le Panchen Lama des Chinois

Chadrel Rinpoché,
emprisonné de 1995 à 2002

Dernière mise à jour: 11.03.2005© 2004 Les Amis du Tibet